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   Hanna Moog et Carol K. Anthony (2006).

 

Extraits de l'introduction de "Yi King, L'Oracle de la Voie du Cosmos" :

" Carol a commencé à consulter le Yi King en 1971, alors qu’elle souffrait d’une très grande anxiété. L'oracle s’adressait à quelque chose en elle qui se trouvait au-delà des mots et de la raison. Il lui apportait ainsi une nourriture reconstituante dont elle n’imaginait pas avoir besoin, mais dont elle manquait désespérément. L’aide a été immédiate. En effet, Carol a aussitôt été guidée vers l’apprentissage de la méditation, ce qui lui a permis de comprendre plus profondément les messages du Yi King. C’est à partir de ces compréhensions que Carol a écrit A Guide to the I Ching (1980), The Philosophy of the I Ching (1981), The Other Way, Meditation Experiences Based on the I Ching (1990) et Love, An Inner Connection, Based on Principles Drawn from the I Ching (1994).

Peu de temps après la publication de ce dernier livre, Carol a pris conscience que lorsque le Yi King recommandait l’action, il entendait l’action intérieure, et que, de manière générale, l’action intérieure consistait à dire le Non intérieur aux comportements empreints d’ego en soi ou en quelqu’un d’autre. C’était ce que le Yi King signifiait par « persévérer dans ce qui est correct ». Cette prise de conscience a permis à Carol de résoudre les contradictions qu’elle rencontrait fréquemment en consultant le Yi King, puisque celui-ci semblait conseiller l’acceptation et la passivité tout autant que l’action. Carol a compris que les comportements inacceptables auxquels il était nécessaire de dire le Non intérieur étaient ceux qui empiètent sur l’espace d’autrui, ou ceux qui sont insensibles, hypocrites, injustes et indifférents. Carol a également découvert que lorsqu’elle était ferme et constante en disant le Non intérieur à ce qui était incorrect, aucune action extérieure n’était nécessaire. Elle a alors compris que des problèmes relationnels apparaissaient précisément là où une telle ligne de conduite intérieure n’avait pas été clairement définie dans son propre esprit.

Carol a découvert le Non intérieur en se laissant guider par le Yi King, grâce auquel elle a pris conscience des limites que chaque personne doit poser au sein d’une relation amoureuse afin que celle-ci puisse durer. Ces limites sont liées à un autre principe récurrent du Yi King, selon lequel aucune relation amoureuse n’est possible si les partenaires ne respectent pas leur propre dignité. Carol a découvert les principes de la relation amoureuse en étudiant avec le Sage. Afin d’aider le vrai soi – que ce soit le notre ou celui d’autrui – à se libérer de la domination de l’ego, le Non intérieur doit être dit à ce dernier uniquement. Le dire intérieurement présente l’avantage de ne pas éveiller de résistance de la part de l’ego, mais aussi d’éviter à l’autre de perdre la face.

Au cours des années qui ont suivi, Carol a appris à dire le Non intérieur dans différentes situations, de sorte qu’elle se sentait totalement prête à écrire un nouveau livre sur le Non intérieur lorsqu’elle a commencé à travailler avec Hanna, en 1998.

 

Hanna, de nationalité allemande, a découvert le Yi King en 1982, alors qu’elle traversait une grave crise dans sa vie. Livrée à elle-même pour en comprendre les messages, elle a laissé le Yi King parler à ses sentiments. «J’étais profondément touchée par ses réponses. Je me rendais compte qu’aucun être humain n’aurait pu décrire aussi parfaitement l’aspect désespéré de ma situation. Parallèlement, il m’a convaincu qu’il y avait, dans ma vie, quelque chose de bon que je devais encore découvrir… quelque chose qui était synonyme de "développement" et de "nouveau mode de vie", quelque chose qui me comblerait véritablement. » Titulaire d’une maîtrise d’économie et d’administration des entreprises, ainsi que de diplômes en langues française et anglaise, Hanna a demandé au Cosmos de lui révéler quelle était sa véritable vocation.

Avec le livre du Yi King de Richard Wilhelm dans son sac à dos, elle est partie pour un voyage de quatre mois aux îles Canaries, dans l’espoir de retourner en Allemagne avec une idée plus précise de sa vocation. Elle a rapidement découvert que cette attente était un poids bien plus lourd que le sac à dos lui-même : elle se reprochait chaque jour de ne pas encore avoir découvert ce qu’elle ferait à son retour. Au bout de trois mois, un changement soudain s’est opéré : la tension avait disparu ! Hanna s’en est tout d’abord inquiétée : se marginalisait-elle de la société ? Cependant, en examinant ses sentiments, elle a pris conscience que quelque chose était apparu, qui avait grandi au plus profond d’elle-même. Ce quelque chose était une confiance dans «l’inconnu », confiance qui s’était développée jour après jour, au fur et à mesure qu’elle se débrouillait seule en terre hispanique, et qu’elle se sentait guidée par une entité qu’elle n’aurait su nommer, mais qui était assurément dotée d’une nature attentionnée et bienveillante.

Elle avait consulté le Yi King quotidiennement, ne comprenant souvent qu’une partie de ce qu’il voulait dire, mais gardant toujours l’esprit ouvert pour permettre à des compréhensions plus profondes de se produire ultérieurement. C’est donc par l’expérience qu’Hanna a découvert le sens des hexagrammes.

Cette sincérité dans l’approche de l’oracle a mené Hanna à écrire un article sur son « Voyage avec le Yi King », en vue d’une publication dans une compilation intitulée Erfarungen mit dem I Ging (Expériences vécues avec le Yi King). Cet ouvrage était l’idée d’Ulf Diederichs, alors à la tête de Diederichs Verlag, maison d’édition qui, la première, a édité la traduction du Yi King de Richard Wilhelm en 1924. Hanna a ensuite participé à un film sur le Yi King, réalisé par la Télévision d’Allemagne de l’Ouest. Son dévouement pour le Yi King lui a alors offert toujours plus d’opportunités de témoigner, à l’oral ou à l’écrit, de son expérience de l’oracle. En 1985, Diederichs Verlag lui a proposé de travailler comme rédactrice free-lance dans les domaines du Yi King, de la philosophie et des religions asiatiques, de la mythologie et des contes. Quatre ans plus tard, un rêve étonnant lui a révélé avec une grande clarté que le Yi King était précisément la vocation qu’elle recherchait. Hanna a également compris que ce rêve l’encourageait à partager ce qu’elle avait appris. Cela a marqué le début d’une longue période au cours de laquelle elle a enseigné le Yi King, notamment lors de conférences et de séminaires en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Hanna a également réalisé un reportage sur le Yi King pour la radio, et a écrit deux livres sur le sujet : I Ging, Das Orakel- und Weisheitsbuch Chinas (Knaur, 1994), et Leben mit dem I Ging, Erfahrungen aus Kunst, Therapie, Beruf und Alltag (Diederichs, 1996).

En 1988, Hanna a découvert les deux premiers livres de Carol, A Guide to the I Ching et The Philosophy of the I Ching. Ce qu’elle a tout particulièrement apprécié, c’est que Carol ait réussi, à partir de son expérience personnelle du Yi King, à interpréter les hexagrammes en termes psychologiques et à les exprimer dans une langue moderne. Elle a aussitôt convaincu Diederichs Verlag que les livres de Carol constituaient un apport essentiel à leur collection sur le Yi King, puis les a traduits en allemand. C’est grâce à ces ouvrages qu’elle a pris conscience de l’existence d’un « Sage » qui, manifestement, parle à travers le Yi King, et qui était apparu plusieurs fois à Carol en méditation. Un seul point préoccupait Hanna : Carol désignait le Sage par « il ». A cette époque, Hanna explorait la mythologie matriarcale. A la recherche de ses racines féminines, elle pouvait difficilement accepter que la sagesse soit associée à une image masculine. Elle a fait part de cette réflexion à Carol et lui a demandé ce qu’elle en pensait. Carol lui a répondu que si le Sage lui était toujours apparu sous une forme masculine, son mari l’avait plutôt perçu, en méditation également, sous une forme féminine. Ceci a marqué le début d’une correspondance assidue entre Hanna et Carol, chacune menant l’autre vers de nouvelles découvertes. En 1998, la curiosité et l’ouverture d’esprit d’Hanna l’ont amenée à déménager aux Etats-Unis et à unir ses forces à celles de Carol. "